Comité Français des Barrages et Réservoirs

Risques naturels

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  • Barrage de Grangent

La crue est un phénomène naturel
Les crues sont des phénomènes naturels causés par la pluie, la fonte des neiges ou la concomitance des deux. Lors d’épisodes de crues en France, le débit
normal d’un cours d’eau peut être décuplé en quelques heures (crues torrentielles de type « cévénoles ») ou en quelques jours (crues de plaine ou fluviales) sur les principaux fleuves.

Les barrages ont été dimensionnés pour résister aux crues.
Comme le volume d’eau apporté par une crue importante excède souvent
la capacité de stockage des grands réservoirs, les barrages ont été équipés à la conception de dispositifs spéciaux situés en sommet ou en fond de barrages, les évacuateurs de crues, qui permettent le passage de débits extrêmes sans mettre en cause la tenue des ouvrages.

Ils ont été dimensionnés pour résister à des crues de probabilité très faible. La pratique jusqu’à présent pour les ouvrages français consiste pour les grands barrages français à se protéger vis-à-vis de :

  • la crue millénale pour les barrages en béton
  • la crue décamillénale pour les barrages en remblais (plus sensibles au risque de submersion).

Ces crues sont donc très largement supérieures à celles qu’on prend en compte pour le dimensionnement des digues de protection contre les inondations.

Le débit sortant d’un barrage ne doit pas, dans la mesure du possible, être supérieur au débit entrant (ce n’est pas toujours possible pour les barrages à seuil libre non vannés). Pour ne pas aggraver les conséquences de la crue naturelle, ni mettre en péril la sûreté du barrage, les exploitants sont tenus de respecter deux principes d’exploitation fondamentaux :

  • Le débit maximum sortant du barrage ne doit jamais dépasser le débit maxi- mum atteint par la crue en amont.
  • L’exploitant n’aggrave pas la crue naturelle.

Ainsi, face à une crue, les exploitants de barrage privilégient toujours la protection des personnes et des biens, notamment en protégeant le barrage.

Les exploitants de barrage essaient d’anticiper les crues en s’appuyant sur des services technique de prévision hydrométéorologiques et des services d’annonce des crue.
Des dispositifs permettent d’estimer les débits de crue qui seront atteints sur les tronçons aval et d’alerter un peu à l’avance les exploitants de barrage, afin que les mesures nécessaires soient mises en œuvre. Les règles d’exploitation en cas de crues sont définies en concertation avec les préfectures et les DREAL.

Rôle de l’exploitant en période de crues
En crue l’exploitant gère l’ouvrage conformément aux consignes approuvées par l’administration de contrôle (DREAL ou DDT) pour le compte du Préfet.
En début de crue, l’exploitant avertit les autorités des déversements imminents du barrage en raison de l’augmentation naturelle des débits amont.

Pour les ouvrages dits « au fil de l’eau », l’exploitant peut en crue être amené à ouvrir totalement les vannes. Dans ce cas, l’écoulement de l’eau redevient totalement libre et la rivière retrouve son lit naturel. On dit que le barrage est effacé et l’exploitant n’a plus aucune action sur le débit de la rivière.

Pour aller plus loin
La CIGB a publié de très nombreux documents, rapports, bulletins... consacrés au thème des crues et des évacuateurs de crues de barrage.

Voir aussi le document "Recommandations pour le dimensionnement des évacuateurs de crues de barrages" édité 2013 disponible dans la page "Recommandations".